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Oct
October 1, 2018, 9:28 am

01/10
Murat, tout de gris vêtue, avec pour ciel la vierge drapée de blanche solitude sur son rocher noir.



02/10
Les collines jaunes de l'Aubrac galopent vers l'horizon immortel comme des chevaux fous sans destinée.



03/10
Un vieux frêne miséricordieux étend ses branches bienveillantes, comme des rêves de vie, sur les vieilles tombes du petit cimetière de Bredons près de Murat



04/10
Prière de haute couture dans l'abbatiale de Conques.
Dans leur beau complet veston des vieux sanglotent sur leurs souvenirs.
Agenouillés dans les sombres allées ils prient pour leur salut.



05/10
Aubrac,
Arbres changés en pâture, troupeaux jaunis par les lunes glaciales,
Lambeaux de roches ébranlées par les fleurs tapies dans l'univers.



06/10
Ils prennent pour table la nature
Ces molochs qui ribotent
Et font un débris de notre terre






07/10
Nous escaladons notre terreur de vomir
Et regardons la fureur de notre chair
Nous avons perdu l'horizon et trouvé un destin frigide
L'europe nous a vendu aux amants glacés du capital.



08/10
l'avidité des barbares est allumée par l'argent
Le gain leur monte au nez comme une sauvagerie
Et les marchandises empuantissent leur cervelle.
Alors leurs médias publics distillent leurs obsènités
Alors les marques commerciales pissent sur nos discernements.



09/10
Devant mes pas, il y a l'automne qui avance ses ocres
L'ombre d'un cri de corneille plane sur ces couleurs.



10/10
La lumière a des désirs de se précipiter dans les pensées des mots
Dans les tintements mélodiques du cœur.



11/10
Une petite maison en bois au bord de la mer
Et nos doigts unis comme nos vies.



12/10
Un oiseau chante la longueur du jour qui se retire de l'été
Un vieux mur se cache derrière le vent froid de l'automne.



13/10
A l'ombilic d'une fontaine
Là où pousse le cresson
J'ai vu l'eau claire me sourire.






14/10
Une main ridée creuse la colline coiffée d'un troupeau de moutons
Elle plante des livres dans le creux des chemins.
Convivance d'un lieu où le bois caresse la nuance
Où les pas nous proposent des possibles poétiques.



15/10
J'ai mis le vent d'automne dans sa main
Alors sa paume libéra les feuilles des saisons.
Alors, j'ai vu les migrations à l'orée de ses yeux
Et j'ai senti les plumes d'un baiser.



16/10
Dans l'intimité de son silence
Il cache les douleurs de son pays
L'étranger.



17/10
Tout habillé de son passé
Lorsqu'il nous ouvre les bras
Il nous offre ses paysages
L'étranger.



18/10
Il draine sa vie dans des terres inhospitalières
Il perçoit le cauchemar qui chevauche son cœur
Mais continue son voyage dans la nuit fanée
L'étranger.



19/10
Laissant le chaos loin derrière sa douleur
Il pénètre le miroir d'un labyrinthe d'ombres
Et trouve des pays entravés de clôtures
L'étranger.



20/10
Vouloir le monde, vouloir le monde, vouloir le monde
Et le trouver couché, le flanc percé de couteaux.






21/10
Je loge dans un petit jardin familier
A l'orée de l'Europe qui charge ses fusils.



22/10
Au réveil
Anéantissement des rêves
Les hardes de la nuit deviennent raison.



23/10
En état de musique, seul avec son piano
Glenn Gould marmotte l'âme de l'univers
Son génie ouvre les fenêtres de l'admirable.



Ecouter/Voir Glenn Gould sur Youtube (Art of fugue)


24/10
L'échine se ploie et la main plane sur les touches
Alors les doigts s'étonnent de ce tempo magique
Glenn Gould tresse et chante l'architecture du temps
Ses mains sont des ailes qui volettent sur son cœur.



25/10
Elle a mis son écriture dans les fissures de son âme
Elle dessine le bleu, elle écrit ses murs abîmés
Elle nous donne son cahier où respirent l'intérieur des mots.



26/10
La vallée sous la lune suce les derniers cristaux de l'écho.
Ils assaisonnent son ennui de paroles incomprises
Elle s'afflige et s'attriste de ces piètres causeries
Et sa solitude fait comme des larmes dans le crépuscule.






27/10
Dans la nuit mes fièvres carbonisent mes images
Je m'efforce d'observer le déroulement du diaporama
Je n'en aperçois toujours qu'une encoignure dérobée.



28/10
Il y a du silence dans nos sourires
Pourtant on n'obéit jamais aux silences.



29/10
Pour certains la vie dégaine trop vite ses malheurs
Pour d'autres elle cache l'amour dans des recoins trop secrets
Les cicatrices de la vie sont les ramures de nos chemins.



30/10
Ne pas se soumettre à ceux qui gagnent
Leur langue est différente.
Le renard rusé ne gravit pas leur montagne dorée
Il ne s'enferme pas dans la nasse de leurs publicités
Le renard a l'infinie délicatesse de circuler librement.



31/10
Aimer le soleil c'est se lever avec l'aube pour sortir de l'exil
C'est ne pas comprendre la nuit et ses fantômes
C'est aimer l'optimisme de la lumière et tous ses arômes.





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