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         Été








Horizons énigmatiques aux vibrations des fins d'après-midi
Corps effeuillés passionnément aux intensités du soleil
Lumière éclatée au cœur des roses, aux chants du matin
Terre sèche sans humus généreux, sans amorce de semis
Fleurs desséchées aux ressacs des hautes fenaisons
Feux incontrôlables aux échauffourées de blancs nuages


Des gens gravent des rêves en marchant dans le sable des océans. Ils ne voient pas quelque chose du temps qui passe. Ils marchent mais n'avancent pas. L'été est totalement immobile mais pourtant ils comptent les jours en riant dans les grondements de la chaleur. Une manière d'éternité. D'autres écrivent des mots d'amour sur la plage. On dirait un livre au soleil. Faut-il écrire l'amour quand le temps n'a pas de sens ? Attente d'un autre ailleurs pour sortir de son propre passé vainement accroché à ses désirs. Impatience des étés dans les écritures au varech. L'été, les bagages sont chargés d'amour et de vagues accrochées au vent.


Les brumes sont sans consistance, suspendues aux chaumes langoureux. Et que dire des taillis de fournaise aux écumes des sueurs brûlantes ? Des pierres sans fraîcheur à la poésie poussiéreuse du zénith ? Il faut être audacieux pour s'aventurer dans ces paysages monotones. Des champs de lotiers mortifiés jusqu'aux sommets nébuleux, l'été est en pèlerinage. Il s'arrête parler aux nénuphars en deuil des cours d'eau. L'été écrit lui aussi, mais sur la chaleur du vide. Il écrit les signes de l'ankylose et l'envie en soi de rivières réconfortantes qui ouvrent sur l'ombre. Il écrit encore quand, sans vain labeur, on peut ouvrir au soir un frais rosé pour trouver l'ivresse.


Saison des vents sans accent qui raconte les mêmes dessèchements
Regard transpercé et murmures de l'aube aux parfums de foin
Temps d'éphémères fiançailles aux chants des rossignols
L'été enjôleur souffle son destin radieux sur les gazons ternis
Vaste horizon et cœur jeune il s'égare aux fièvres des coquelicots
Impudique, il mêle ses mains aux mirages des rouges pétales.

L'été cherche les lèvres des fleurs.