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        Identité du lointain








Marcher vers les hommes comme on marche vers le printemps.
Serrer leurs mains, manger leur pain, pleurer leur art.


Et puis, un matin, voir le soleil se lever sur la fureur.
Entendre le galop funèbre de Sharon sur Sabra et Chatila.
Voir les maronites et les sionistes boire le sang des enfants.


Ils ont tué avec des haches et des couteaux.
Ces enfants de douleur, grands comme une paume de main,
Ces corps démembrés dans une nuit d'acier et de feu.
C'est le chant des lames bleues qui écorchent les corps,
Les trente six heures de la danse des poignards.


Poser nos fronts maudits sur leur petit cœur aveugle.
Sortir du chemin de cendres et se perdre dans le désert.
Fuir l'absurde de la guerre et les vomissements de la haine.
Fuir les fascismes et leurs nuits de plomb.


Être la nuit et la terre, être la mer et le soleil,
Être l'éternité de Sabra et laisser Chatila entrer en soi.