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         Allen Ginsberg


             (1926-1997)

             La poésie de la paix.



    A son époque la culture américaine était morte. Elle gisait dans sa tradition et son conservatisme.


    Écrivait-il un mot ? La justice s’évertuait promptement à masquer ce danger intestin.
    Ses poèmes ont le rythme du jazz, de la pop et du be-bop, ils sont décrassés des vieilles frusques et ont le goût du LSD, du peyotl et des amphétamines.
    Il est beatnik et il est hippie. il est le frère de Jack Kerouac, de Gregory Corso, de Neal Cassady, de William Burroughs.
    Il est le beat des beats. Il est la beat generation.
    Howl est censuré. Howl, le choc et la brûlure des mots.
    L’Amérique n’est ni homosexuelle ni libertaire.

    Il a marché avec les pacifistes contre la guerre du Vietnam.
    Il a marché contre les discriminations sexuelles.
    Il a marché avec les communistes contre la ségrégation politique.
    Pour le FBI il est une menace intérieure.
    Pour le monde il est le Power flower.

    Allen Ginsberg disperse les lumières crues de ses réalités dans la nuit américaine. Les marges alors se réveillent. Pour soutenir ce bouddhiste révolté et pour changer le monde qui mutile, aliène, bombarde, pour se libérer des mâchoires terribles du thermonucléaire en pleine guerre froide.

    Alors Allen va sillonner le monde. Japon, Cuba, Russie, Maroc, Chine Tchécoslovaquie, France.
    Il dénonce tous les systèmes totalitaires et il sera expulsé de Cuba et de Tchécoslovaquie pour avoir brûlé l’idéologie du stalinisme.
    Un jour, Allen Ginsberg est visité par William Blake et produit un album de chansons intitulé « Songs of Innocence and Experience »

    Allen Ginsberg c’est le langage inexorable de la liberté totale. C’est le langage d’une poésie crue qui doit s’intercaler entre toute rencontre humaine.


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Allen Ginsberg


Les manivelles de la guerre tournent dans ta tête
Les rayons jaunes des bombes serpentent dans ton cœur
Les lumières du Vietnam dévorent ta chair.
La-bas, la mort arrive avant la vie.
La-bas, même le soleil explose dans les foules.
Les cœurs des tanks et des avions aiment les hommes
Ils aiment les chairs molles des poitrines
le soprano du craquement des os.
Tu as vu les hommes se traîner dans leur mort
Tu es pourtant cette Amérique puissante
Mais tu es la beat generation
Et tu refuses ces manufactures de la mort.


On t'a expulsé des académies pour obscénité
Avec d'autres érudits
Ta parole n'est pas la soumission aux vanités
aux matières vengeresses
Tes poèmes sont un art métallique violant tes présidents
Ils sont déflagrations des généraux mercenaires
Ils sont la rouille des civilisations bêtement besogneuses
Celles qui égorgent les intelligences.
Dans ta lugubre chambre du Beat hôtel à Paris
Tu t'intoxiques au peyotl et tu laisses aux millénaires
Tes poèmes sucer les bites des asiles armés
Et des guerres éternelles.



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