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         Benjamin Britten


             (1913-1976)

             La musique de la paix.



    Benjamin Britten est né près de la mer, le 22 novembre 1913, à Lowestoft (Suffolk, Grande-Bretagne), le jour de la sainte Cécile, patronne des musiciens. Son premier opéra, « Peter Grimes », vient de la mer et son dernier, « Mort à Venise » y retourne.
    Benjamin Britten écrit des livres d'art lyrique d'une grande émotion artistique mais aussi politique par ses positions courageuses sur le pacifisme, sur le social et par ses inclinations homosexuelles.
    Ouvrir ses pages musicales c'est s'offrir une belle traversée dans des paysages secrets, violents et innocents.
    War Requiem est le glas de la guerre et de ses drames humains qui endeuillent le monde.
    C'est l'enfance dont les chœurs, anges de la paix, se mêlent aux solistes des violences guerrières.
    C'est le liturgique marié aux poèmes de Wilfred Owen. C'est la messe des morts en latin, contre-chant des poèmes anglais de Wilfred Owen.
    C'est le mélange d'un orchestre symphonique et d'un orchestre de chambre.
    C'est la symbolique du pacifisme mélangée à l'humanisme universel.
    War requiem est une cathédrale de paix qui s'achemine vers le centre de la vie.
    Benjamin Britten est la rencontre de nos âmes avec les fantômes du passé. Il est la musique qui sculpte les cris de douleurs de l’histoire.

    Benjamin Britten est un pacifiste qui choisira l’exil, en 1939, avec son ami et partenaire de toute sa vie, le ténor Peter Pears. Ils choisiront de revenir en 1942 afin de défendre leur droit à l’objection de conscience. Cet engagement pour la paix se retrouve dans plusieurs œuvres et notamment dans le War Requiem.
    En 1947, Pears et Britten créent l'English Opera Group, une compagnie dédiée à l'opéra puis fondent en 1948, le festival d'Aldeburgh à Suffolk où sera créée la plus grande partie des œuvres de Benjamin Britten.

    Durant la nuit du 14 au 15 novembre 1940, des bombardiers ont détruit la cathédrale de Coventry située dans les Midlands. En 1956, lors du début de la construction d’une nouvelle cathédrale, il a été commandé à Benjamin Britten, une œuvre pour l’inauguration prévue en 1962.
    Benjamin Britten pense alors à ses projets pacifistes qui s’exprimeraient au travers d’un monument musical dédié à tous ceux qui sont tombés dans les guerres. Un requiem mêlant les voix d’un ténor et d’un baryton chantant des poèmes de Wilfred Owen (1), et une « Missa pro Defunctis» chantée par un grand chœur, une soprano et un chœur d’enfants.
    Le War Requiem doit porter la réconciliation dans son cœur. Alors, comme militant de la paix, Benjamin Britten à l’idée de choisir les solistes parmi trois nations ennemies (2) durant la deuxième guerre mondiale. L’Angleterre, l’Allemagne et la Russie.
    La création de War Requiem le 30 mai 1962 eut un succès immédiat et est depuis, considérée comme une œuvre majeure du vingtième siècle.

    En 1973, Benjamin Britten, paralysé du coté droit, assiste à la création de « Mort à Venise » en fauteuil roulant.
    En 1976, il est fait pair et devient Sir Britten.
    Il meurt le 4 décembre 1977.
    Il est anobli (3) à titre posthume par la reine d’Angleterre qui le nomma baron d’Aldeburgh.


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Benjamin Britten


Benjamin Britten écrit une douleur qui se marie avec notre histoire
Benjamin Britten tisse nos souvenirs avec la poudre des canons
Il écrit les nuits cariées et glacées de la guerre.
Ses enfants pleurent les doux baisers de leurs mères
Ses enfants pleurent les cendres de leurs pères.
Benjamin Britten tend la main aux âmes mutilées
Sa musique invite à rester un moment avec son cœur.


Oh ! War Requiem ! Comme les oripeaux cruels des visages incendiés !
Les crocs de la guerre luisent sur les charniers verts (4) de la nuit
Les marchands enragés connaissent la saveur de nos os
Leurs bouches sont des orages d’acier qui brûlent nos yeux.
War Requiem c’est la dernière phrase du livre absurde de la guerre.
La première page de son passé.
Un livre qui scelle le temps aux hommes.


War Requiem c’est un livre souverain
Un livre où le regard ne se termine jamais
Un livre qui place l'homme dans le pays des vivants.
Le livre du mensonge « Dulce et decorum est Pro patria mori » (5)
Le livre de la compréhension et de la souffrance
Le livre du renoncement et de la réconciliation.
Un livre qui ne devrait pas garder la poussière sur une étagère.



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    (1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Wilfred_Owen
    (2) Sorg Chalandon, dans son roman, le quatrième mur, a choisi les interprètes d’Antigone parmi tous les belligérants de la guerre du Liban en 1982. Druzes, Palestiniens, Maronites, Israéliens.
    (3) C’est le seul compositeur anglais a avoir le titre de Lord.
    (4) Couleur de la Bertholite (ou Dichlore) gaz de combat mortel utilisé pendant la guerre 14-18
    (5) Il est doux et honorable de mourir pour sa patrie.