Modifier







          Stephe Biko


             (1946-1977)

             La mort pour la paix.



     Naître dans un pays où règnent le racisme, le génocide et la ségrégation.
     Naître dans un lieu où la domination coloniale momifie les cultures et le monde indigènes.
     Naître avec une intelligence inhabituelle.
     Stephe Biko est né le 18 décembre 1946 à King William's town près du Cap.
     C’est un élève brillant. Il s’inscrit à l’université de médecine du Natal, section «Non-Européens» , nous sommes dans le pays de l’apartheid.
     Il créé l’Organisation des étudiants sud-africains (Saso) prémisse du Mouvement de la conscience noire (Black Consciousness Movement, BCM).
     Son engagement politique et les idées qu’il répand ne plaisent pas aux blancs. Il sera expulsé de l’université en 1972.
     Un an plus tard il sera banni et ne devra plus prendre la parole en public. Mais Biko continue à donner sa parole au rêve dans les townships, il continue ses déplacements pour diffuser ses idées.
     Biko a la conviction que les noirs d’Afrique du sud doivent s’unir pour briser leurs chaînes. Ils doivent développer un sentiment de fierté d’être noirs, gagner en confiance afin de construire leur propre avenir. Biko élargi le terrain politique par des projets éducatifs, culturels et sociaux.

« L’arme la plus puissante dans les mains des oppresseurs, est la mentalité des opprimés ! »
« Pour commencer, il faut que les Blancs réalisent qu’ils sont seulement humains, pas supérieurs. De même les Noirs doivent réaliser qu’ils sont aussi humains, pas inférieurs...»
« Etre noir n'est pas une question de pigmentation, être noir est le reflet d'une attitude mentale »
« Le principe de base de la Conscience noire est le rejet par l’homme noir du système de valeurs qui veut faire de lui un étranger dans son propre pays et qui détruit jusqu’à sa dignité humaine »


     Biko veut une société politique et institutionnelle non raciale. Il veut sortir les noirs de la servilité. Diminuer leur peur, diminuer leur sentiment d’infériorité, leur donner la capacité d’être politiquement responsables, voilà sa stratégie de libération non-violente.

     Trois mois avant sa mort Biko dira : « La façon de mourir peut elle-même être une chose politique (...) car si je n’arrive pas dans la vie à soulever la montagne de l’apartheid, l’horreur de la mort y parviendra sûrement. »

     Malgré le danger, Steve Biko se rend au Cap le 17 août 1977 mais repart aussitôt, par sécurité. Il est arrêté sur la route du retour et emmené au siège de la police à Port Elizabeth.
     Les bourreaux blancs ont levé leurs bâtons. Biko est mort dans la traînée amère de la révolte.
     Comment peut-on torturer ainsi ? Comment être à ce point tortionnaires, bouchers, bourreaux ? Comment des hommes peuvent-ils en tourmenter un autre à ce point de la cruauté ? On lui a fracassé le crâne contre un mur.
     Il est mortellement blessé, complètement dénudé, dans une grande douleur, le front saccagé par les coups, le corps couvert d’ecchymoses. Tué par des barbares, par la tyrannie de l’homme blanc.

     Stephe Biko a été tué sauvagement pour prolonger brièvement la vie carnassière et violente de l'apartheid.

     Les bourreaux assassinent toujours la non-violence.

     Lors de son élection en 1994, Mandela déclara : « Biko a été le premier clou dans le cercueil de l’apartheid. »


          --------------------//--------------------


Steve Biko

Salle de police 619
Tes yeux sont clos Biko, tes yeux sont clos.
La mort a fermé ses volets
Elle a mis le poète au paradis.


Salle de police 619
La mort blanche Biko, la mort blanche
Jamais rassasiée du monde, Biko.
Jamais rassasiée des larmes.


Ô ! Biko tes rêves font tomber la mort.
Ô ! Biko tes rêves font couler ton sang.


Salle de police 619
Le sang ronge la tristesse.
Tu étais le cœur Biko, tu étais la main
Tu étais l'esprit d'un peuple.


Salle de police 619
Tu es un enfant Biko, tu vois ton père, fusillé.
La mort, la première chose à contempler
La mort, le dernier barreau à renverser.


Ô ! Biko tes rêves font tomber ton cœur.
Ô ! Biko tes rêves font couler ta jeunesse.


Salle de police 619
Tu es un berceau Biko, tu es un berceau merveilleux
Tu berces les enfants noirs et tu berces les enfants blancs
Les enfants, Biko, les enfants ne doivent plus mourir.


Salle de police 619
Ô ! Biko, ton âme s'endort au creux de tes rêves
Dans cette cité chérie par la beauté des jours.
La douleur du sang qui coule n'habite pas tes murs



          --------------------//--------------------