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         David Dellinger


             (1915-2004)

             La contre-culture pour la paix.



    David Dellinger n’est pas un chien d’attaque mais tous les opprimés peuvent venir sous ses pattes. Il défend sans mordre mais ses crocs sont une arme de dissuasion massive.
    Il a les dents du pacifisme radical et de la non-violence active et aboie contre tous les maux de son époque.
    Études supérieures à l’université de Yales puis à Oxford en Angleterre grâce à une bourse d’étude.
    Soutien du gouvernement du front populaire en Espagne, il conduit une ambulance pendant la guerre civile.
    A son retour, il décide de suivre des études religieuses au séminaire théologique de l’Union Theological Seminary de New York.
    Le chien de garde n’a pas peur lorsqu’il refuse de s’inscrire sur les listes de la conscription en 1940. Un an de prison. Nulle peur lorsque, après sa libération, il refuse d’aller dans l’armée suite à l’engagement de son pays dans la seconde guerre mondiale. Deux ans de prison.

    La prison sculpte sa rébellion et discipline sa résistance.

    En 1945, il fonde le magazine Direct Action puis en 1956 Liberation Magazine, identifié avec la Nouvelle Gauche (1). Le journal soutient la révolution cubaine, critique la guerre du Vietnam et propage les idées du désarmement unilatéral. Il sera aussi, plus tard, une tribune pour Martin Luther King et d’autres résistants non-violents.

    David Dellinger ne crache pas à la gueule de ceux qu’il combat, son poil ne se hérisse pas, il est un homme de parole mesurée et juste.

    Il organisa la marche de protestation à la guerre du Vietnam en 1967 sur le Pentagone et, après les accords d’Ho Chi Minh, il participa à la libération des militaires américains capturés.

    Le procès dit des «sept de Chicago», après les manifestations des opposants à la guerre du Vietnam lors du congrès du parti démocrate en 1968, lui valu sa grande renommée qui servit d’inspiration à de nombreux mouvements non-violents et à des millions de militants.

    David Dellinger fut un activiste éminent de la paix qui considérait que le capitalisme avait provoqué le racisme, l’impérialisme et ses guerres inhérentes et qu’il était du devoir de chacun de s’y opposer.
    Pendant la guerre froide, il s'est impliqué dans diverses questions de gauche, y compris le désarmement nucléaire, la réforme pénitentiaire, les libertés civiles et l'anticolonialisme.
    David Dellinger a participé à tant de marches et de jeûnes qu’il en a lui-même oublié le nombre. Une de ses dernières marches a été sa participation à la manifestation contre l'Accord de libre-échange nord-américain à Québec en 2001. A quatre-vingt-cinq ans il a fait du stop pour s’y rendre.
    Le Chicago Seven est mort le 25 mai 2004 dans une maison de retraite à Montpelier, au Vermont. Il avait quatre-vingt-huit ans.

    Depuis les maux du monde ne cessent de croître.


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David Dellinger


L’ange de la paix a traversé les universités
Là où se complote la révolution socialiste
Là où se chantent les couplets de l’Internationale.
A Yale ou en prison
David Dellinger a reçu une bonne éducation.


L’érudit de la paix n’a pas cligné ses yeux de miel
Face aux regards froids de la guerre.
Quand les États-Unis toussent
Ses bombardiers se mouchent sur le monde.


Et toi, David Dellinger, en tweed dans la rue, avec tes fleurs.


La rue, juge des gouvernements
Qui jettent les corps en pâture aux millénaires.
La rue, critique des dollars poubelles
Qui croient que le sang et les os sont une autre monnaie.


Et toi, David Dellinger, en tweed dans ta liberté, avec tes fleurs.


La prose psychédélique ne peut pas se courber
sous les déflagrations de la guerre.
Elle est la volonté inaltérable de la révolte
Qui se redresse sur les monceaux d’injustices.


Et toi, David Dellinger, en tweed dans ta poésie, avec tes fleurs.


Dans ton costume de velours côtelé et de tweed
Tu assois la réalité de la contestation
Par delà les balancements de Jefferson Airplane
Par delà les «acid test» de Greatful Dead.


David Dellinger, la légende de la contre-culture.



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  (1) La Nouvelle gauche est associée au mouvement hippie.